C’est parce que toute image du monde extérieur est le produit d’une construction cérébrale que les illusions visuelles existent. En effet le cerveau se charge de travailler un grand nombre d’informations reçues de l’extérieur pour nous donner une vision du monde en 3 dimensions, stable et cohérente. Il remet ainsi les scènes à l’endroit, interprète les différentes teintes de couleur, élimine les mouvements dus à l’agitation oculaire etc. Mais c’est la difficulté de l’action qui crée les illusions. En effet parfois dans son interprétation, le cerveau en fait trop. Des couleurs identiques apparaissent alors différentes, des contours sont créés alors qu’ils n’existent même pas ou encore des images inertes s’animent. Elles constituent de vrais problèmes pour notre interprétation réelle des objets mais elles sont aussi pour les scientifiques de véritables témoins des mécanismes de la perception visuelle.
Par exemple, l’illusion de Ponzo (voir fig. 1)qui représente deux traits obliques entre lesquels s’insèrent deux traits horizontaux permet de monter la constance perspective de la taille.
Le trait supérieur parait plus grand que le trait inférieur, or ils sont de la même taille. Le cerveau interprète les lignes obliques comme des indicateurs de profondeur car ils tentent de se rejoindre. Dans ces conditions le trait le plus haut doit être interprété comme étant le plus éloigné. Mais si, malgré l’éloignement, il se retrouve de la même taille sur la rétine, cela signifie pour le cerveau qu’il doit être plus long dans la réalité.
Ainsi, notre vision du monde tient beaucoup plus de la construction mentale que de la prise de l'image sur la rétine, puisque, par exemple, cette image est en deux dimensions, alors que nous percevons l'environnement en trois dimensions.